Chronique d’une chute annoncée ?

Les observateurs sont clairs et nets, les événements politiques et sociaux survenus après les  dernières élections législatives ne font que confirmer la dégradation de la popularité du parti du peuple cambodgien (PPC).  Et selon Mme Chea Vannat et M. Kul Panha, les réponses autoritaires du gouvernement face à la crise politique et sociale renforcent par contre la notoriété du CNRP de Sam Rainsy.

A droite, Chea Vannath et à gauche Kul Panha
A droite, Chea Vannath et à gauche Kul Panha

Confirmant la déconnection des dirigeants du PPC avec le peuple, Mme Chea Vannat, analyste indépendante, estime que le parti au pouvoir a négligé les conséquences de la répression suite aux mouvements issus ou galvanisés par des élections contestées : interdiction de rassemblement, répression violente des manifestants et des journalistes, persistance des problèmes quotidiens de la population et incompétence des autorités face à ces difficultés … l’addition semble lourde. « L’attitude du gouvernement n’a fait qu’effacer toutes les réalisations positives du PPC telles que l’assurance de la croissance économique ou l’amélioration du niveau de vie de la population, estime-t-elle. Certes, le niveau de vie des habitants s’est amélioré, mais la liberté à laquelle ils ont droit est restreinte par le gouvernement qui ne se soucie guère de résoudre leurs petits problèmes. Cela a évidemment des conséquences sur les bulletins de vote ».

De son côté, M. Kul Panha, observateur électoral au Cambodge, pense que le gouvernement issu du PPC n’a pas cherché à attirer les partisans du parti d’opposition, mais que par contre, il est en train d’attiser leur colère à travers l’attitude des autorités. « Le temps limité pour réformer est un problème pour le gouvernement, et parallèlement, il entraine les partisans de l’opposition à le détester. En outre, je crois aussi qu’au sein même des sympathisants du PPC, certains ne sont pas satisfaits de ce que fait actuellement le gouvernement » prévient-il.

Le PPC s’enfonce chaque jour dans la  crise politique et sociale alors que le CNRP semble surfer dessus. « Depuis des années, la popularité de l’opposition est nourrie par  la politique peu appréciée du gouvernement. Dans la situation actuelle, le parti au pouvoir est en train de se saborder lui-même »  insiste Mme Chea Vannat.

M. Kul Panha estime que le parti au pouvoir n’a pas encore montré sa volonté  à restaurer sa popularité au cours de ces neuf mois post-électoraux. Selon lui, il ne serait pas impossible que le PPC connaisse le même sort que le parti de Funcinpec qui a perdu énormément de supporters jusqu’à ce ne plus relever  la tête.